Eloge du pêcher

https://www.youtube.com/watch?v=Dbc9id94W3w

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Le pêcher est semble-t-il le seul arbre à pouvoir se planter au beau milieu du potager pour y apporter une ombre légère. Utile l'été.

 

Il amusant d'en récupérer des noyaux bio et de les mettre dans des pots. L'hiver passé, les jeunes pêchers s'élèvent comme de petites tour Eiffel. L'arbre issu d'un noyau serait ainsi plus résistant. Fructification prévue 5 ans après. Peut également servir de porte-greffe à des variétés de greffons ayant la préférence de l'arboriculteur avisé !

 

Ses racines peu traçantes ne gêneront pas les autres plantes.

Un ancien pêcher de vigne ayant eu la cloque (il servait à détecter certains ennuis avant les vignes...), peut très bien se porter bien ensuite en pleine terre ou dans un bac, même peu suivi contre la cloque...

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Même en Ile-de-France, un pêcher se portera bien, sans avoir à être traité à la bouillie bordelaise (certains l'évitent, mieux si cela est autorisé en bio, car l'accumulation de cuivre dans le sol peu nuire à la microfaune).

 

Le conseil : le planter en hauteur ou sur une pente, entouré d'une cuvette ou pas. Nous avons pu voir tel pêcher planté assez à plat sur un mètre, mais entre une terrasse et une pente donner des myriades de gros fruits !

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Etonnamment, un prunier rein-claude – qui craint davantage la sécheresse – fut mis également dans un bac, plus élevé d'ailleurs, mais a lui-même fini – mais un peu tard – par donner des feuilles à chaque bout de branche. Question : aura-t-il ensuite assez de place horizontalement ?

 

Rappelons qu'en plein Montreuil, la production de pêcher a fait florès. Planté en espaliers, le long de murs blancs de gypse avec des toitures provisoires entre les murs lors des périodes de pluie ou de froid. Il est vrai que le champignon de la cloque est favorisé par « un temps froid et humide ». Cependant, il « fait rarement des dégâts sur les arbres en espaliers couverts » (CQFD... Otto Schmid et S Hengeller, « Ravageurs et maladies au jardin : les solutions biologiques », éditions Terre Vivante, p.146).

 

Au jardin, il nous a suffi de surveiller nos pêchers car « le champignon hiverne sous les écailles des bourgeons et, de là, infecte les jeunes feuilles et les rameaux », mais « les parties de la plante plus âgées sont peu atteintes » (Schmid, idem.). Une fois les feuilles biscornues et les rameaux les plus gonflés enlevés, la prêle a fait son effet. Et tous nos pêchers n'avaient plus la moindre cloque en juin et juillet malgré une vingtaine de journée de pluie avant et pendant l'euro (du 1er au 20 juin environ) !

 

Selon Denis Pépin, les remèdes à base de plantes ne sont pas toujours suffisants de manière générale. Il préconise par exemple le bicarbonate de soude. Toutefois, pour le pêcher, la lutte directe consiste au choix à « enlever et brûler les premières feuilles atteintes » (chose qui nous a suffi) ou à « en cas de fortes attaques, traiter au cuivre au gonflement des bourgeons et à nouveau en automne »   (Schmid, p.145).

Et la lutte préventive consiste à :

  • « faire un bon apport de compost en automne et couvrir le sol

  • planter de l'ail et des capucines sous les pêchers ;

  • en automne, traiter les arbres et le sol avec du purin de prêle et du Bio-S ;

  • traiter au démarrage de la végétation avec des algues calcaires à 2% et du purin d'ortie à 5% (2 fois en 3 semaines), ou 3 fois en 10 jours avec de la décoction de prêle ;

  • en hiver, traiter préventivement 1 ou 2 fois avec du silicate de soude à 2% et des algues calcaires à 2-3%

  • en culture biodynamique, faire un traitement préventif avec la préparation silice de corne, lorsque les fruits ont la taille d'une noix, pour favoriser la maturation ;

  • éliminer et brûler les fruits momifiés (p.147)»  

 

Nous avons pu constater que l'éclaircissement des feuilles atteintes (parfois juste jetées plus loin dans le coin forestier, plutôt que jetées à la poubelle) et que les méthodes à base de plantes, plantées ou en purin, suffisaient pour le pêcher (ail, capucine et prêle aspergée contre cloque) ou le poirier (aspersion de prêle contre la rouille).

Et en plantant de la sauge à côté et en hauteur. Les éléments soufrés de l'ail monteront depuis les radicelles jusqu'aux feuilles et écarteront même certaines guêpes et autres ravageurs.

 

Connaissez-vous Evelyne Leterme du conservatoire végétal d'Aquitaine ? (https://www.conservatoirevegetal.com/

Plus de trente cinq ans de travail, d'expérimentations (au début contre l'avis « de l'INRA »...), de recension de méthodes anciennes du Sud-Ouest, de multiplication et de diffusion. On pourra utilement suivre ses conseils consistant à planter les arbres et les arbustes en hauteur. Et à les entourer de broyat de noisetier. Parmi les arbustes, les noisetiers – « obligatoires » au verger ! – en buissons car ils nourrissent les syrphes en hiver. Les arbousiers nourrissent, eux, les pollinisateurs en automne. L'arbuste, collé à l'arbre, servira d'abri à divers auxiliaires : par exemple la coccinelle qui est spécialisée contre la cloque du pêcher, si si ! Madame Leterme a fait planter tout un champ de phacélie, par-dessus lequel elle a planté des pêchers. Entre ses arbres, elle passe juste un rouleau une fois l'an pour aplatir les hautes herbes qui nourriront le sol. D'une pierre deux coups : les pollinisateurs auront ainsi eu droit à leur festin toute l'année ! D'autres sont d'avis d'enlever l'excès d'herbes si on veut perpétuer le maximum de plantes sauvages, qui poussent plutôt sur un sol pauvre.

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