Quelques conseils pour les vergers (partagés) chez vous ou dans votre commune

Vous voulez recréer des haies fruitières, un verger, un jardin-forêt (lire Whitefield) voire des mini-forêts d'émeraude ?!


Voici quelques conseils d'entretien d'Evelyne Leterme, (La biodiversité amie du verger, Editions du Rouegue, 2014) 

Couche épaisse de BRF sur sol un peu humide, pièges en carton entourant les arbres en juillet à retirer avant l'hiver, enlever quelques fruits sur les grappes trop productives (l'arbre ne sera pas en repos l'année d'après), décompactage si besoin du sol un peu autour de l'arbre etc.

 Conseils de base au verger

Juste après la plantation on protège en milieu ouvert contre certains mammifères ou rongeurs 

Proteger immdiatement les arbres

Pailler avec du BRF est le must : cela étouffe l'herbe (une vraie éponge à eau), cela protège du gel, et cela accroît par 5 la biomasse microbienne par forte chaleur.

Leterme brf de la largeur des arbres

On peut trouver de la sciure de bois ou du broyat après le passage d'élagueurs ici ou là. Le BRF sera issu de rameaux à la bonne taille si vous faites élaguer chez vous. 

Pailler et mettre du BRF "sous la couronne" ou "à l'aplomb de la courronne" des arbres cela veut dire selon un  diamètre aussi large que les branches au-dessus. "Un paillage n'est efficace que s'il est largement étendu autour du pied, au minimum un mètre carré par plant, seul moyen pour que l'effet d'amélioration physique, bactériologique et chimique du sol se produise. Il doit être appliqué en couche épaisse pour la paille, le BRF ou toute autre matière organique, et bien hermétique pour un film plastique. Attention à ne pas pailler un sol trop humide (le ressuyage sera plus long) et jamais un sol sec (le paillage organique va continuer à déshydrater la terre)". Bref on arrose un peu avant, quoi !

Et on entoure l'arbre d'une sorte d'auréole :

Img 20170208 165101
Pour la largeur du paillage voir aussi cette photo de fruitiers à Montesquieu dans le Lot-et-Garonne :

Montesquieu lot et garonne
"Lorsque le sol fonctionne correctement, et que les végétaux sont correctement mycorhizés, le renouvellement des paillages, en particulier le BRF, suffit à assurer les apports en phosphore et calcium et le taux de micro-organismes celui de l'azote".

Le phosphore est en effet rendu à la terre par les feuilles des arbres.

Le BRF enrichirait aussi en fer.
Et les bactéries sont en effet la première source d'azote dans le sol (selon Philippe Desbrosses, Nous redeviendrons paysans).

Contre les maladies cryptogamiques (certains champignons) on paillera certes, car les mycorhizes nées en dessous, ces champignons du sous-sol, renforceront les arbres, mais on pourra aussi planter de la moutarde (antifongique naturel), arroser de purin, asperger de décoction diluée de prêle (dès février pour les pêchers etc.). La prêle riche en silice renforce et protège l'arbre. A signaler : l'ortie est aussi riche en silice (sur ses piquants).

Evelyne Leterme c'est cette chercheuse persévérante qui a recensé, conservé et diffusé des tas d'arbres, d'arbustes et d'arbrisseaux  comme directrice du conservatoire végétal de Bordeaux. Ah le Sud-Ouest, ce pays si coloré, si clément et assez peu traversé par le vent. Cette femme résolue et entreprenante avait commencé ses expériences dans la lignée de maintes traditions il y a une trentaine d'années, "contre l'avis de l'INRA" a-t-on pu entendre. Depuis, ses travaux sont reconnus par quelques pontes. La revue l'Ecologiste avait publié une courte notule très élogieuse.

Elle intervient régulièrement sur la chaine agroforesterie. Ici quelques associations de plantes :

Evelyne Leterme au colloque "L'agro écologie appliquée aux Fruits & Légumes" - YouTube

Evelyne Leterme au colloque "L'agro écologie appliquée aux Fruits & Légumes" (janvier 2017)

Ses conseils sont de planter les arbres en hauteur (ils plongeront d'eux-mêmes leurs racines dans un sol plus aéré), avec un piquet-tuteur, et d'associer arbres fruitiers et arbustes à proximité, en ligne par exemple sur des haies surélevées entourées de matière organique. Les arbustes (arbousiers, noisetiers, qui nourissent les syrphes etc.) auront pour effet d'attirer des myriades d'auxiliaires comme des coccinelles, mangeuses de pucerons, mais aussi médecin, car l'une est spécilisée contre le mildiou, l'autre contre la cloque du pêcher, l'autre contre l'oïdium (balaise!). Scotchant !

Ce serait "obligatoire" d'avoir du noisetier dans un verger selon cette spécialiste​. Les fleurs pendantes et décoratives du noisetier (et celles rouges de l'aulne dont les feuilles forment un merveilleux engrais vert forestier ?!) nourrissent les syrphes (et certains bourdons qui sait?).

De plus, "les punaises  [qui mangent les pucerons note personnelle !] et les coléoptères [et les coccinelles] sont particulièrement favorisés par la nourriture précoce apportée par le pollen de floraison des noisetiers puis des autres essences plus tardives. La nourriture précoce est extrêmement importante pour la reproduction (entre autres, acquisition de la maturité ovarienne pour les punaises prédatrices) (Simon et al, 2009)". Les punaises sont polyphages : elles mangent pucerons, psylles, cochenille, oeufs de papillon.

Par ailleurs, les sureaux nourrissent les oiseaux (lesquels mangent aussi les limaces, sinon, comme le préconise terrevivante.org, on peut répandre du purin de limace, faire un lâcher de poule en automne, mettre du ferramol sous les tuiles ou sous des bouteilles en plastique coupées dans la longeur) !​

Conseil à propos des noisetiers : pour ne pas avoir de noisettes percées par le rostre du balanin, laisser les feuilles et le paillage autour de l'arbre, ainsi les larves du baladin remonteront ou seront plus aisée à dénichér par les oiseaux. 

Aperçu d'un des livres de Mme Leterme :

 

Leterme preparation sol horizontalLeterme phacelieLeterme haies paillees

Pour ce qui est de la permaculture au verger :

Leterme vergers permaculture

 

Reste à attirer les auxiliaires.

Nichoirs refuges chauve souris

A l'écouter en vidéo, pas besoin de tondre, on passe un rouleau sur la prairie entre les arbres et cela aurait plusieurs avantages. 

Autre astuce de verger naturel :

On peut faire tremper des écorces de saule. Il se formera à la surface de l'eau un gel de bouturage (ce qui se faisait avant l'arrivée des hormones de bouturage de synthèse : L’eau de Saule : Hormone de bouturage naturelle !).

Mais revenons encore au livre de Leterme. On y apprend que :

- contre le carpocapse (normalement piégé dans les cartons entourant l'arbre, qu'on enlève et élimine je crois avant l'hiver), il existe deux auxiliaires qui font l'objet d'un élevage : le Steinernema feltiae et S. carpocapsae (http://boutique.crisop.fr/steinernema-feltiae. http://www.koppert.fr/ravageurs/chenilles-papillonslepidopteres/produits-contre-les-chenilles/detail/capsanem-4/  

On mélange à de l'eau et on pulvérise. Il existe aussi un virus, le virus de la granulose du carpocapse.

-  la pomme du Kazakhstan Malus sieversii, résiste à la tavelure, et est cultivée avec aux pieds des tulipes botaniques. Voir ici : http://www.cren-aquitaine.fr/patrimoine/fiches/VILLEBRAMAR.pdf. (La raison de cette association : lutte contre la sécheresse ? Attirer des oiseaux ? En tout cas, au Kazakhstan, la sécheresse peut durer d'avril à septembre comme en 2012 avec 50°C l'été. L'hiver - 50°C. Peut-être que les forêts de pommiers protègent eux-mêmes les tulipes du vent glacial ? Mme Leterme estime qu'il serait intéressant de faire des croisements de pommier avec la sieversii qui résiste à la tavelure, mais loin des zones de pollinisation des espèces d'origine, à préserver.

 

C'était le quart d'heure solutions débrouillardes et vivantes pour un monde durable et naturel.​

 

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